Cette phrase me hante, me paralyse, m'obsède.
"Je ne crois plus en rien".
Boulot, amour, amitié, ma vie, mon "destin", la terre, mon pot de Nutella, le fric, la musique.
Rien.
Déception, peur, amertume se baladent en moi.
Je souris, oui. Mais pour cacher tout ça.
Cacher le fait que j'ai parfois honte d'être ce que je suis. L'envie parfois de m'enfuir.
Etre une autre, pour changer ma vie. Mes habitudes. Mon chemin.
Non, j'veux pas mourrir putain. J'veux pas crever. C'est juste que...
J'suis seule parfois. Trop d'illusions qui bercent la vie. Les Hommes. Le monde.
Tout s'achete, se vend, se re-vend, se loue, se prète. Et tellement peu de chose se donne.
Des choses fragiles, délicates. Beaucoup trop fragiles. La confiance car trop d'incertitudes.
La peur de l'autre et l'amour.
Et on refoule. Et on refoule encore plus désirs, passions, envies.
Car on croit ces choses éphèmeres mais pourtant si vivantes.
Donc, on dort. On oublie car le temps soit disant guérit tout. On se réinvente des images, souvenirs pour effacer ceux qui sont un peu trop blessant.
Un peu comme une disquette en fait qu'on efface et qu'on remplit. Qu'on vide d'images qu'on croit finir par oublier. De moments. De rires. De pleurs. De joie. De larmes.
Mais rien ne s'oublie. Rien ne peut s'oublier. Je ne peux rien oublier. Je peux pas.
Mais putain, j'aimerai en oublier des choses. Beaucoup mais... pas tout.
Des voyages, des concerts bercés de rencontres inatendues.
On s'enterre derrière des fantomes, des réactions qu'on croit naturelles. On évite. On esquive. On ignore un peu trop sans avoir le temps de réfléchir.
Parce que l'Homme est con. L'Homme est profondement con de penser qu'il est seul et unique.
On crie, on se dispute pour cacher des choses terribles qui nous obsède.
On cultive l'indifférence, le compte en banque, l'esprit de compétition pour mieux se taper dessus.
Mais qu'y peut on ? Qu'est ce que j'y peux dans le fond.
Moi petite poussière.
Moi qui regrette.
Moi qui me sent si...
moi.
Oui, putain. Je ne suis que moi.
PUTAIN